L’histoire de Courchevel

Jusqu’au début du 20ème siècle, l’économie de la commune de Saint-Bon était basée sur l’élevage et la fabrication fromagère. L’industrialisation des fonds de vallée modifia cette structure économique et permis aux hommes d’avoir une double activité : ouvriers et paysans.

D’abord un tourisme estival

Le développement du chemin de fer jusqu’à Moutiers et l’essor de la station thermale de Brides favorisa d’abord un tourisme estival. Dès 1908, Agathe Curtet avait ouvert un café restaurant à Saint-Bon, le  » Chalet Curtet « , qui devint rapidement l’hôtel du Lac Bleu. C’était le point de départ d’excursions vers les alpages et les lacs de la montagne environnante. Quelques familles, souvent originaires de la région lyonnaise, venaient pour passer leurs vacances d’été à la montagne. Elles louaient les maisons laissées vacantes par la transhumance en alpages ou prenaient pension au  » Chalet Curtet « . Parmi ces passionnés de montagne, il y avait déjà quelques skieurs téméraires remplaçant les estivants durant l’hiver.

Les premiers skieurs de Courchevel

Louis Curtet et André Vilna, conscients du potentiel de la vallée de Saint-Bon et de ses champs de neige (Pralong, Pralin, Verdon…), décidèrent, dès 1925, d’ouvrir l’hôtel du Lac Bleu toute l’année.

Les premiers hivernants étaient très sportifs et amateurs de sensations fortes. Ils venaient skier en groupe et aimaient se divertir. Skieurs souvent confirmés, leurs récits dans les revues comme celle du Club Alpin Français ou dans l’Illustration ont beaucoup fait pour attirer une clientèle plus large dans les stations naissantes de l’époque.

Cet engouement pour le ski créa de nouveaux métiers notamment celui de moniteur de ski. A Saint-Bon les premiers moniteurs furent des autrichiens embauchés par Louis Curtet et attachés à l’hôtel du Lac Bleu. Par la suite, les jeunes du pays se formèrent et purent les remplacer. Jean Pachod fut le premier Saint Bonnais diplômé, suivi par Régis Chevallier, Eugène Chardon, Jean Sullice et Jean Blanc.

Une station qui s’organise

Louis Curtet, maire de la commune de 1928 à 1940, a été l’un des premiers à vouloir développer les infrastructures touristiques et améliorer l’accueil des hivernants. Très entreprenant, il ouvrit aux skieurs les chalets d’alpage permettant d’approcher les meilleures pentes. Sur un principe identique, le chalet d’alpage de Pralin Mugnier était régulièrement utilisé par le Club Alpin Français et une bergerie fut aménagée par M. Schitz sur le site de Bellecôte pour y accueillir des groupes de jeunes skieurs. Progressivement, des chalets hôtels s’ouvrirent au Praz, à Courchevel 1550 ou à Moriond pour loger les randonneurs.

La station fut rapidement bien cotée malgré des d’équipements peu nombreux et un accès difficile. Les autocars et les voitures déposaient skieurs et bagages devant la mairie et l’hôtel du lac Bleu et la fin du voyage se faisait en traineau. Plusieurs projets de remontées mécaniques furent étudiés à la fin des années 1930 (téléphérique, remontes-pentes) mais ils n’aboutirent pas à cause de la seconde guerre mondiale.

1946 : naissance de la station

En 1945, le Conseil général de la Savoie décida d’intervenir dans l’aménagement touristique des Trois Vallées. Le 3 mai 1946, le Conseil municipal de Saint-Bon sous la présidence de son maire, Francis-Eugène Mugnier, et à l’unanimité, accepta de céder au Département les terrains communaux nécessaires à la construction d’une nouvelle station de sports d’hiver (Tovets, Bellecôte, Loze, Vizelle). Laurent Chappis, architecte-urbaniste, fut alors chargé d’élaborer le plan d’urbanisme de cette nouvelle station. 1946 fut l’année de la construction de la route d’accès entre Courchevel et les Tovets, des premiers hôtels (hôtel départemental des Trois Vallées, chalet-hôtel de la Loze) et des premières remontées mécaniques (téléskis de la Loze et des Tovets).

L’origine du nom « Courchevel »

Au mois de juin 1946, une réflexion sur le nom de la future station construite sur le plateau des Tovets est engagée. A l’initiative de ce projet, M. Pierre de La Gontrie, président du Conseil général de la Savoie (de 1945 à 1951) et future maire de Saint-Bon (de 1959 à 1968), qui trouve le nom des  » Tovets  » fort peu commercial. Après plusieurs discussions, le choix est fait : le 30 novembre 1946, la station est baptisée Courchevel. Ce nom est issu du terroir local –  » ecortzevé  » en patois de Saint-Bon signifie  » écorché  » – et désigne un lieu-dit à 1500 m d’altitude où les jeunes bergers étaient vigilants avec les veaux tentés par la pousse printanière des brins d’herbe verts et drus, fatals à leur langue…